Dico Style

images-1Régence, style, dans l’architecture et surtout dans les arts décoratifs français, style en vogue au début de XVIII e siècle. Son nom vient de la période de régence exercée par Philippe II, Duc d’Orléans, pendant la minorité de Louis XV. Renonçant à l’esprit « Grand Siècle » et à la sévérité du style Louis XV, la Régence fut une période de transition vers le rococo intime et léger du style Louis XV. Robert de cotte et Germain Boffrand furent les principaux représentants de architecture de cette période. Le vocabulaire ornemental est composé de cornes d’abondance, de fleurs, de feuillage et surtout de coquilles. Les dessins de Jean Bérain et Claude Audran influencèrent les arts décoratifs, introduisant une touche de liberté et de fantaisie. Le style atteignit son apogée avec les œuvres de l’architecte et décorateur du Duc d’Orléans, Gilles Marie Oppenord, précurseur du rocococ. L’ébéniste Charles Cressent répandit non seulement en France mais aussi dans de nombreuses cours d’Europe la mode des marqueteries de bois rares et des ornements de bronze doré.

 

images-2Louis XV, style, style décoratif qui se développa approximativement entre les années limitant le règne de Louis XV (1715-1774). Il est plus célèbre de nos styles décoratifs, celui qui incarne le plus parfaitement l’identité du goût français. On peut le diviser, arbitrairement, en trois périodes.

D’abord une phase dite de «préparation» le style Régence (1715-1730), puis une phase «d’épanouissement» le style Louis XV proprement dit (1730-1750), qui vit le développement et l’apogée du goût rocaille, enfin une phase de «réaction» le style transition (1750-1774), qui se caractérisa par un assagissement des formes et un retour au classicisme.

Le style Louis XV naquit des changements de mode de vie qu’entraînèrent la mort de Louis XIV et l’installation de la Cour à Paris. Les artistes, contrairement au règne précédant, travaillèrent alors pour une clientèle privée, qui se développa rapidement et qui rivalisa en nouveautés de tous genres : décoration d’intérieur, mobilier, tapisserie, orfèvrerie, objet d’ameublement, etc. Le goût du confort s’installa et, avec lui, une prédilection pour des pièces d’habitation plus petites, plus intimes, où l’art décoratif s’exprimait avec une totale liberté.

La plupart des artistes travaillèrent en s’inspirant de répertoires décoratifs communs aux différents corps de métier. Les ornemanistes, tels Aufran, Mesissonnier ou Delafosse firent preuve d’une richesse d’invention exceptionnelle et créèrent ainsi les formes et les motifs qui caractérisent le style Louis XV : arabesques, entrelacs, cartouches, trophées, coquilles, palmettes, feuilles d’acanthe, animaux, fleurs, etc. Les motifs décoratifs se répandent dans tous les domaines et concernant tous les types de matériaux : bois, bronze doré, argent, céramique, texte, etc. la floraison extraordinaire du mobilier incarne le génie créatif de l’époque : augmentation du nombre de meubles, utilisation de matières nouvelles (bois exotique, laques d’origine chinoise, etc.), invention de meubles (chiffonnière, table de toilette, « bonheur du jour», etc.). Si la diversité et l’exubérance semblent gouverner le style louis XV, elles obéissent cependant à une unité qui, au cours des siècles, a imposé comme une référence le goût français de l’époque.

 

images-3Louis XVI, style, style décoratif qui succéda au style Louis XV et précéda le style Directoire. On ne peut définir le style Louis XVI sans le présenter d’abord comme un mouvement de réaction, une volonté de rejet des formes rocailles du style Louis XV. Ce changement de goût, qui trouva ses premières manifestations autour de 1760, se traduisit par un désir de rigueur, de simplicité et par un retour à l’académisme et au grand style Louis XIV. Il s’accompagna d’un attrait nouveau pour l’antiquité, récemment redécouverte : les ruines d’Herculanum, puis celles de Pompéi furent exhumées dans les années 1740 ; des archéologues ( dont le comte de Caylus), les graveurs (Piranèse) et des théoriciens (winckelman) lui consacrèrent des publications. Ce grand mouvement de retour à l’antique, de goût pour l’ordonnance, de prédominance de la raison sur le sentiment fut baptisé néoclassicisme.

De nouvelles idées voient le jour, qui rejetant la frivolité et l’exubérance du style Louis XV, clament, au contraire, les vertus de la simplicité et les bienfaits de la nature. Ces tendances se manifestent, dans l’art décoratif, par un choix quasi exclusif de la ligne droite et par un répertoire directement inspiré de l’antiquité : motifs de palmettes, de frises de postes ou de rais-de-cœur ornent objets mobiliers et décoration d’intérieur. Cette dernière est constituée d’éléments traditionnels (textiles, lambris, glaces), mais aussi de quelques nouveautés, tel le papier peint, souvent enrichi de motifs en trompe-l’œil. Les différents corps de métier puisent leur inspiration dans les modèles fournis par les grands décorateurs, dont le plus célèbre fut Charles-Louis Clérisseau (1721-1820). On y trouve, outre le vocabulaire antiquisant, parfois influencé par les arabesques de Pompéi, un répertoire galant composé de couronnes, paniers, rubans, cœurs, etc.

Si le mobilier de l’époque partage, avec celui du règne de Louis XV, une prédilection pour la richesse des matériaux (marqueterie, laques d’Extrême-Orient, plaques de porcelaine de Sévres, garniture de bronzes dorés), il obéit à des formes plus sobres, plus droites et plus épurées . Vers la fin du siècle, l’idéal d’austérité conduisit de nombreux ébénistes à réaliser des meubles composés uniquement d’acajou et relevés de simples filets de bronze. Les maîtres du mobilier de style Louis XVI sont Jean-François Leleu (1729-1807). Jean-Henri Riesener (1734-1804) et Georges Jacobs (1739-1814). Peu avant la mort du roi, en 1793, s’impose un nouveau vocabulaire ornemental, celui du style Directoire.

 

images-4Directoire, style, dans les arts décoratifs, style également connu sous le nom de style Messidor, qui établit une transition entre le style Louis XVI et le style Empire. Il apparut en France pendant la période du Directoire (1795-1799) avec un regain d’intérêt pour la pureté antique grecques, étrusque, égyptienne et surtout romaine. Les objets du 1er siècle découverts à Pompéi et Herculanum à cette époque suscitèrent en effet un enthousiasme important le mobilier, décoré de dorures appliquées sur des bois clairs ou peints, est caractérisé par des lignes simples et des formes carrées. A style Directoire correspond une mode vestimentaire féminine qui délaisse les sophistications du style Louis XVI au profit de robes plus simples, à col-châle. Sous le terme d’incroyables, on désignait à cette époque la jeunesse royaliste qui arborait une tenue voyante et recherchée.

 

images-5Empire , style, en architecture et dans les arts décoratifs, style néoclassique en vogue en France sous le Consulat et le premier Empire. Déjà en germe dans le style Directoire, le style Empire perdura jusque dans les années 1830. Le retour à l’antique correspond au désir de Napoléon de reproduire, sous son règne, la grandeur de la Rome impériale. Aux influences gréco-romaines peuvent cependant s’ajouter des éléments égyptiens ou gothique renaissant. Les architectes Pierre Fontaine et Charles Percier (1764-1838) furent à l’origine du style Empire du style Empire tant en architectures qu’en décoration. C’est notamment à ceux que l’on doit les aménagements des châteaux de Malmaison et de Fontainebleau. Le style Empire, empreint de solennité, se caractérise par l’utilisation de la ligne droite et de la symétrie, par des couleurs denses (pourpre, bleu nuit, vert bronze, jaune d’or) et par des motifs décoratifs guerriers (glaives, lauriers, casques Victoires) ou mythologiques (sphinx, griffons). Le mobilier, souvent en acajou ou en palissandre, est décoré d’éléments en bronze ou en bois dorés et reprend volontiers le motif de l’abeille, emblème de l’empereur. Le vêtement féminin s’adaptes également aux exigences du style Empire, avec des robes que l’on appelle « à la romaine», fluides et droits, à la taille haute, agrémentées de coiffures copiées sur celles de l’Antiquité.

 

images-7Art nouveau, mouvement de rénovation qui marqua l’Europe à la fin du XIX e siècle et au début du XX e siècle dans les arts décoratifs et l’architecture. Le terme fut emprunté à la galerie de Samuel Bing ouverte à Paris en 1896, la Maison de l’Art nouveau. Il s’est développé sous les noms de Jugendstil en Allemagne, Sezessionstil en Autriche, Tiffany Style aux Etats-Unis, Modernissimo en Espagne ou Stile Liberty en Italie. En France et en Belgique, il est également connu sous les noms se style 1900 et de Modern’ style.

L’utilisation de la courbe
L’Art nouveau est un style essentiellement décoratif qui a cherché à mettre en relief la valeur ornementale de la courbe, qu’elle soit d’origine florale comme en Belgique, en France et en Espagne ou géométrique comme en Allemagne, en Angleterre et en Ecosse, L’Art nouveau prend ses origines dans les principes du mouvement Arts and Crafts et les textiles et papier de son fondateur William Morris, les vases d’Emile Gallé et les meubles de Gustave Serrurier. Confrontés aux problèmes que pose la production industrielle et aux techniques nouvelles, les artistes prônèrent le travail manuel, se tournèrent vers la tradition gothique, s’inspirèrent de l’art japonais et de l’observation de la nature. Ils rejetèrent les références classiques hérités de la Renaissance (symétrie, canons gréco-latins, etc.) et refusèrent l’idée d’une séparation entre arts nobles (peinture et sculpture) et arts mineurs (arts décoratifs). L’art nouveau a ainsi profondément transformé le décor intérieur et l’architecture.

images-6On considère généralement les œuvres de l’architecte anglais Arthur Mackmurdo comme les premiers exemples d’Art nouveau, notamment une chaise conçu en 1882 et le frontispice d’un livre (Wren’s Early Churches) de 1883, où l’on retrouve les courbes qui feront la caractéristique de l’Art nouveau. Les tissus vendus par Arthur Liberty dans sa célèbre boutique londonienne (fondée en 1875) et les illustrations d’Aubrey Beardsley – notamment celles du périodique The Yellow Book (1894) et celles de Salomé (1894), drame d’Oscar Wilde- consacrèrent l’Art nouveau anglais. Un nouveau magazine, The Studio (fondé en 1893), fit connaître l’art nouveau dans l’Europe entière.

A partir de 1910, l’Art nouveau périclita et ne survécut pas au premier confit mondial. Il fut supplanté par le style Art déco moins répandu, dont les belles pièces, très onéreuses, ne convenait pas à la production de masse. Le style Art nouveau connut un regain d’intérêt au milieu du XX e siècle et fut l’objet d’expositions à Zurich en 1952, à Londres en 1952-1953 et à New York en 1960. L’Art nouveau marqua un tournant dans l’évolution de l’histoire de l’art, notamment en architecture. En rejetant le conformisme et en redéfinissant la relation de l’art et de l’industrie, ses adeptes ouvrirent la voix de l’art et de l’architecture modernes.

 

images-8Art déco, style artistique apparu en France au début des années 1920, en réaction contre l’Art nouveau auquel on reprocha d’être un « fantaisie passagère » tendant à gagner tous les secteurs de la création industrielle en négligeant d’adapter ses normes esthétiques aux exigences fonctionnelles.

Le style art déco s’affirma par emploi de volumes simples et de surfaces planes, inspiré des recherches géométriques des avant-gardes cubistes, futuristes et constructivistes. L’Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes qui se tient à Paris au cours de l’été 1925 détermina la naissance et le développement de ce style. Ce fût l’époque où un public toujours plus grand découvrit la concrétisation de la vitesse, la puissance et l’énergie en termes plastiques, affirmation de la couleur pure, tout comme l’objectivisme analytique.

En France, la consécration d’un certain « Art de vivre » lié à la modernité favorisa cette interpénétration de l’art et de l’artisanat. Ainsi deux tendances se développèrent : la première, préservant la tradition et réservée à une élite, combina les formes de l’art moderne aux matériaux les plus divers et souvent luxueux. La seconde, orientée vers un plus vaste public, suivit les voies des avant-gardes, notamment celles qui furent ouvertes en Allemagne par les industriels et artiste du Werkbund et par le Bauhaus de Walter Gropius à Weimar, et celles des artistes regroupés autour de Piet Mondrian et Theo Van Doesburg dans la revue de Stijl aux Pays-Bas.

De grandes réalisations furent entreprises dans des domaines très divers : dans la décoration intérieure notamment (paquebot Normandie, immeuble du Bon Marché et cinéma Rex à Paris), mais également dans le mobilier – où l’on remarqua un retour aux placages de bois précieux, aux marqueteries, aux jeux de moulures et de spirales et à l’ornementation simplifiée (Herbst Iribe, Jourdain, Groult, Ruhlmann)-, dans l’orfèvrerie (Puiforcat), dans la verrerie (Lalique, Daum, Baccarat), dans la mode (Poiret, Sonia Delaunay), dans l’art de l’affiche (Colin, cassandre), dans la reliure (Legrain), dans la peinture (Boulet de Montval) ou dans l’illustration (Marty). La recherche d’un fonctionnalisme et la simplicité inhérente à ce style orientèrent par ailleurs la production industrielle vers des articles moins sophistiqués (accessoires de mode, art de la table, arts ménagers, etc.).

Aux Etats-Unis, le style art déco s’étendit aux réalisations de pointe telles que les locomotives, les restaurants de bords de route, les postes de radio, les juke-box. Toutefois, il s’illustra surtout dans des créations monumentales comme la Radio City Music hall de New York, conçu par Donald Deskey en 1931 et le Chrysler Building de New York, de William Van Alen (1930).

En Grande-Bretagne, le plus célèbre ensemble de type art déco est l’usine Hoover de Perivale (West London), conçue par Wallis Gilbert and Partners en 1932. Le style art déco déclina après 1935, mais connut un renouveau dans les années1960 et 1970.